15 février 2010

Nos peurs les plus profondes - Episode I


L'anatidaephobie

« Une étrange sensation s’empare de moi, brisant ma plénitude. C’est alors qu’un frisson parcourt la surface de ma peau. Mon corps me signale sa présence. Je sens son regard perçant me parcourir, observant mes moindres faits et gestes, loin d’une curiosité innocente, il est chargé de vices. Eternel voyeur, il guette mon âme en tourment, s’extasiant de ma candeur et de mes décadences. Il me pourchasse et se nourrit de mon effroi. Les contours de son ombre le trahissent, je distingue au loin, la forme de… son bec ».

Malgré votre stoicisme, la base de cet article (narration évidemment fictive), aurait très bien put être un témoignage accablant, voire une confession déchirante. Si la majorité d’entre nous est très peu enclins à souffrir de phobies, certaines personnes subissent dans leur quotidien des peurs allant jusqu’à entraver le bon déroulement de leur existence. Bien entendu, certaines de ces phobies, comme l’arachnophobie, la claustrophobie […] sont connues de tous et s’avèrent être aujourd’hui indiscutables. Mais je souhaite vous parler à travers cette série, de peurs peu connues du grand public, que certains jugeront insolites, fictives et même ridicules.

L’anatidaephobie, comme sont nom l’indique, est la peur du canard. Mais l’histoire se complique lorsque celle-ci dépasse la peur d’une simple morsure. L’anatidaephobe ne craint pas seulement le canard sous sa forme physique, mais aussi et surtout sous sa forme spirituelle. Il a peur que quelque part de n’importe quelle façon, un canard l’observe. Le canard devient alors un esprit machiavélique et malfaisant dont on réfute toute représentation, sans parler de sa présence. Fini le Canard WC, dont la publicité démontre très bien « sa victoire » malsaine sur notre espèce. Tout aliment mentionnant le terme « canard » dans sa composition devient alors défendu et source de conflits. L’esprit des fêtes de fin d’année tombe en lambeaux. Le Gers devient l’enfer sur terre et la simple vue de Donald provoque nausées, fièvre et vomissements. L’histoire est parfois mal faite, quand on pense que les Etats Unis auraient pu être impliqué dans une Guerre du Grain… La Russie s’en porterait bien mieux !

A bientôt!

6 février 2010

En attendant Alice...


Certains jours l’inspiration vient, une énergie dévastatrice s’empare de vous et vous laisse haletant, aliéné sur le sol, des mots pleins la tête et des crampes pleins les doigts. Mais d’autres jours hélas, on attend Godot... Veuillez excusez ce jeu de mot si facile mais aussi si tentant.

Déjà une semaine sans nouvelles ! Non chers lecteurs je ne vous oublie pas, bien au contraire. En secret, j’élabore un plan, quelques séries d’articles qui verront le jour sous peu et d’autres qui mettront plus de temps. Je ne veux pas en dire trop, je n’en dirais pas plus.

Mais cependant je ne viens pas les mains vides et n’en déplaise à Samuel Beckett, je nommerai ce post En attendant Alice. Certains auront déjà compris le message, pour les autres une mise au point s’impose : c’est bien d’Alice au pays des merveilles dont il est question. Vous aurez déjà remarqué mon intérêt pour Tim Burton, pour moi l’un des meilleurs réalisateurs contemporain. J’avoue que ce terme me parait bien trop réducteur, artiste est le mot qui convient. Alors en attendant mai 2010 et si comme moi vous trépignez, je vous propose une solution pour apaiser votre impatience.

Le livre s’avère être une interview très riche en anecdotes et secrets de tournage et constitue un atout indiscutable à la compréhension de l’univers marginal de Tim Burton. Alors cinéphiles, laissez vos téléviseurs et à vos livres !

Extrait:

« Je donnais l’impression d’être quelqu’un de bizarre. Je m’installais fréquemment au fond d’une armoire dont je ne sortais pas, je m’asseyais sur mon bureau, ou bien en dessous, je faisais des trucs étranges comme m’arracher une dent de sagesse et inonder de sang les couloirs ».

Tim Burton, Entretiens avec Mark Salisbury, Sonatine Editions, 2010

A bientôt

31 janvier 2010

Le défi - Les Soldes


Peu de mots ont un tel pouvoir sur l’Homme qu’ils peuvent susciter une multitude d’émotions, parfois radicalement différentes : hystérie, excitation, frustration, effroi, agonie…

Le mot « soldes » semble détenir cette puissance mystique qui agit en fonction de celui qui l’écoute. Si cette théorie vous parait abracadabrantesque, essayez de vous glissez dans les situations qui vont suivre :

- L’hystérie : Selfridge annonce un rabais de 70% sur les Jimmy Choo.

- L’excitation : Demain les shoe-boots Repetto qui vous font saliver depuis quelques mois seront enfin à un prix abordable.

- Frustration : Vous apprenez que la robe noire Sandro achetée la semaine dernière est désormais à -50%.

- Effroi : Paris Haussmann, -1°c, samedi 9 janvier. A travers la vitrine des Galeries Lafayette vous apercevez la file d’attente qui s’agite devant Uniqlo.

- Agonie : Vous êtes un homme, trainé pendant cinq heures dans le Printemps « de la Femme », par une femme en quête de dessous Chantal Thomass.

Alors ? Cette démonstration vous a-t-elle convaincu ? Mais attention mesdemoiselles et mesdames, ne rêvez pas, nous savons tous que ces situations sont peu probables (« le paradis succède au jugement dernier »).

Trêve de plaisanteries. Lorsque la Midinette m’a mis au défi d’écrire cet article, elle savait très probablement que ce sujet qui semble au premier abord assez « bateau » serait pour un homme un vrai défi, voire une vraie torture. Comme pour bien des choses, nos avis et nos sentiments divergent réellement à l’approche des soldes. Quand je dis nous, j’entend bien évidement les hommes et les femmes. Surtout quand on prend conscience que pour la plupart des hommes, le shopping n’a qu’un seul but : remplir un besoin primaire (se couvrir, caché sa nudité [en voilà deux]). La chose se corse quand ce même article doit s’adresser à un public féminin. Que faire ? Jouer les hypocrites en scandant « vive les soldes » ? Décrire cette longue et douloureuse phase d’agonie précédemment citée ? Ou alors aborder dans un style lourd et concis la notion de « soldes » d’un point de vu purement économique ? …

Devant un tel dilemme je vais alors choisir la solution de simplicité en vous mettant, chères lectrices de la Midinette, à mon tour à l’épreuve : Quel sentiment suscite chez vous les soldes ?

Pour retrouver l'article en contexte et participer au débat, rendez-vous sur le blog de la Midinette:

http://douce-exigence.blogspot.com/
A bientôt,

25 janvier 2010

Le Romantisme - Suite et fin


Après de brûlante discussions à bâton rompu avec la gente féminine (en particulier l’une d’entre elles), je me dois de rectifier le tir. Le romantisme ne prendrait pas part dans la guerre des sexes, le romantisme serait asexué. Soit ! Excusez ce cliché mais comme l’a déjà mis en avant la « grande » Emilie Simon (cf. Emilie Simon, Flowers, 2003) : Offre-t-on souvent des fleurs à un homme ? Il semblerait de plus que le romantisme se doit d’être spontané et innovant. Bien entendu l’homme qui tous les ans offre la même boîte de chocolat à sa dulcinée à l’occasion de la St Valentin est un paresseux ou souffre d’Alzheimer.

Mais le paradoxe féminin va en s’aggravant. La femme du XXIème millénaire ne croit plus et rejette systématiquement le Prince Charmant (Disney & Co, tous droits réservés), figure emblématique du romantisme. La première réaction de l’homme serait alors d’évincé tout malentendu : « Roméo sort de ce corps ! » Et c’est justement là qu’il se trompe. Les femmes ont une dent contre nous. Elles aiment brouiller les pistes et aussi sûr qu’elles viennent de Vénus et nous de Mars, elles aiment le romantisme, les fleurs, le chocolat et les longues ballades au clair de lune sur fond de jazz (d’où l’importance d’un shuffle).

La solution : Il vaut mieux se montrer malin et se cantonner à cette bonne vieille doctrine McCain (la pomme de terre et non le politicien). Le mieux reste encore de le faire et de ne pas le dire. Soyez romantique mais ne l’affichez sous aucun prétexte.

Pour comprendre les femmes c’est une autre paire de manche. Les chroniques de GQ de Maïa Mazaurette pourraient vous aider à y voir plus clair.